Jacques Genin, le génie du chocolat

Le  10/12/2016

Jacques Genin est né à St Dié dans les Vosges. Il a connu une enfance qui n’en a que le nom et qui le jette dans le monde des adultes alors qu’il n’a que 13 ans.
Il se retrouve seul et prend le premier travail d’apprentissage qu’il trouve dans des abattoirs. Il est nourrit, logé et blanchi et va à l’école lorsqu’il peut. Le reste du temps, il dépèce, tranche et équarrît de la viande sans se poser de  questions et avance comme cela jusqu’à ses 19 ans.

Jacques Genin évoque cela comme si c’était une fatalité.

 Où d’autres se seraient effondrés, il a fait de ses difficiles débuts dans la vie une force et comme un pied de nez au destin, il propose depuis presque vingt ans à des clients venus de partout ce qu’il y a de plus doux, soyeux, plaisant, rassurant, addictif, poétique, réconfortant en matière de gourmandise : des bonbons en chocolat !

Il décline son formidable talent pour offrir truffes, pralinés, guimauves, nougats, pâtes de fruits et de légumes, caramels… à un public ravi et sous le charme.

 

Come back : On le retrouve effectuant son service militaire dans le sud de la France, au bord de la mer qu’il découvre pour la première fois comme une parenthèse enchantée.

Retour au pays, il sait qu’il lui faut partir.

Il se poste un matin brumeux, au bord de la route sans aucun bagage. Un routier s’arrête. Le futur fondeur en chocolat lui demande où il se rend. « Paris », lui répond le conducteur. Et bien parfait, cela sera donc Paris. Le destin est en marche.

Il y débarque les mains dans les poches et travaille dans une brasserie comme commis de bar. Le patron qui a honte de ses allures de paysan lui interdit de parler. Il s’en fiche, il découvre là-bas un monde inconnu :

Les jolies femmes, les noirs américains, le jazz, un univers rêvé.

 

Pendant quelques années, il continue à travailler dans la restauration.
Il a 24 ans. Alors qu’il sort de boite de nuit, celle qui deviendra sa femme avise un endroit à vendre devant lequel ils passent rue de Tournon, et comme une blague, le met au défi de le posséder.
15 jours après il revient la voir, les clefs dans la main. Il n’a pas un sou mais a racheté la société avec son actif et son passif.

Il transforme le magasin de tissus en restaurant.
A ce moment là, il n’a encore jamais touché à une casserole et ne sait pas réaliser une vinaigrette.

Malgré le joyeux désordre, le restaurant ne désemplît pas, même si faute d’organisation les premiers clients doivent attendre trois quart d’heure leur entrée. Personne ne se plaint parce tous découvrent son talent.

 

5 ans après, il a l’opportunité de bien vendre son premier restaurant.

Il s’associe dans un autre établissement avec un de ses amis.

Mais l’homme ne tient pas en place.

3 ans après, il part pour de longues vacances propices à la réflexion. A son retour il décide de se lancer. Il « fera du chocolat ».

Il n’y connaît rien, et autodidacte, décide d’apprendre.
Il postule à « La maison du Chocolat ». Robert Linxe, lui fait confiance et l’engage pour développer un département pâtisserie. Il met au point une nouvelle carte : éclairs, galettes, tartes deviennent des vrais succès. 4 ans se passent mais il reste frustré, car il n’a pas oublié sa première idée : faire du chocolat.
Il quitte l’entreprise, et ouvre un laboratoire le 2 février 1996 dans le quinzième arrondissement. Son idée est de fournir les plus grands chefs en bonbons de chocolat.

Il essaye, teste et apprend tout seul ce métier de magicien.

Il achète  « des couvertures » et met au point l’enrobage, le détaillage, le calibrage, les mélanges… A l’écouter cela paraît si simple.
Très vite il fournit le Plaza Athénée,  Le Crillon, Taillevent, La Tour d’Argent… et sa réputation s’installe vite.

C’est la première fois de sa vie qu’il connaît la stabilité. Le papillon s’est posé.


En 2007, il découvre le local de la rue de Turenne et tombe sous le charme. Il signe l’endroit le jour où il rencontre le propriétaire et décide d’ouvrir une boutique de chocolats.

Il installe son laboratoire à l’étage et sa boutique au rez-de-chaussée.
Autre défi, autre univers.
Les débuts sont difficiles et il consacre tout son temps, toute son énergie à relever ce nouveau challenge. En se racontant, il en profite pour rendre hommage à Sophie sa précieuse assistante, celle qui le seconde depuis le début de la boutique. C’est elle qui a imaginé le « Câpres ou pas câpres » un bonbon incroyable au praliné et aux câpres.

Elle est le capitaine de sa précieuse troupe (Theo, Paul, Matthieu et les autres).

 

 

Aujourd’hui, et comme toujours il a mille idées en tête. La cuisine lui manque, les japonais lui font les yeux doux… Faites ce que vous voulez de ces informations, mais surtout ne manquez pas d’aller faire un tour dans une de ses deux boutiques parisiennes pour découvrir tout l’étendu de son univers et n’hésitez pas à l’interpeller si vous le croisez sur les marches de son bel escalier hélicoïdal.
Le petit garçon des Vosges a bien changé. Le rebelle, le violent, l’intolérant s’est attendri. Vous découvrirez un homme plein d’humilité, à fleur de peau, sensible, généreux et entier, qui fait passer son grand cœur dans ses créations.

 

Lorsqu’il était enfant, il manquait d’amour et voulait faire du théâtre ou de la danse, ou encore être chercheur. Ses parents ont vite fait de l’en dissuader et de se moquer de ses rêves.

Pourtant, aujourd’hui, dans la rue, ses aficionados le reconnaissent, le félicitent et l’aiment pour ses créations d’artiste. Et, la définition de fondeur en chocolat, n’est elle pas finalement celle de chercheur en émotion ?

Lorsque vous aurez croqué dans un de ses chocolats, vous aurez tout compris sans plus avoir besoin d’explications.

 

Jacques Genin, Fondeur en chocolat


 http://www.jacquesgenin.fr/fr/

133, rue de Turenne, Paris 3 ème

+33 1 45 77 29 01

 

27, rue de Varenne Paris 7 ème

+33 1 53 71 72 21

 

 

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